La propulsion Volvo Penta IPS
La propulsion Volvo Penta IPS

Principe, performances, contraintes techniques et programme d’entretien réel
La propulsion Volvo Penta IPS (Inboard Performance System) est souvent présentée comme une révolution. En réalité, c’est mieux que ça… et plus exigeant aussi.
IPS n’est ni un gadget, ni une simple alternative aux lignes d’arbres ou aux embases. C’est une architecture de propulsion complète, pensée comme un système intégré, avec des avantages réels, à condition d’en accepter les règles techniques et économiques.
1. Principe de fonctionnement : une propulsion pensée comme un système
IPS repose sur trois piliers indissociables :
- Pods orientables sous coque (drive-units IPS)
- Hélices avant Duoprop contre-rotatives
- Commande électronique intégrée (EVC + Joystick)
Contrairement à une ligne d’arbre classique (hélice arrière + gouvernail), le pod IPS assure à la fois la propulsion et la direction, sans gouvernail.
L’orientation du pod permet de diriger directement le flux propulsif, ce qui réduit les pertes d’énergie et améliore la précision de pilotage.
Le choix d’hélices positionnées en amont du pod, travaillant en eau dite non perturbée, est central. C’est ce point qui permet à l’IPS d’atteindre ses rendements, à condition que la carène soit conçue pour.
2. Hydrodynamique : pourquoi l’IPS peut être plus efficient
Sur une installation traditionnelle, l’hélice travaille souvent dans un flux déjà perturbé par :
👉 L’angle d’arbre,
👉 La proximité de la coque,
👉 Les appendices,
Et parfois une immersion imparfaite.

L’IPS vise exactement l’inverse :
✅ Hélices en eau propre,
✅ Poussée alignée avec l’axe de déplacement,
✅ Réduction des pertes latérales.
Sur une coque bien étudiée, cela se traduit par :
👍 Un meilleur rendement propulsif,
👍 Une réduction de la traînée globale,
👍 Et une optimisation du rapport vitesse / consommation.
Les gains annoncés par Volvo Penta sont exprimés en “jusqu’à”, ce qui est honnête d’un point de vue ingénierie. L’IPS n’améliore pas un bateau mal conçu. Il récompense une bonne conception.
3. Performances et consommation : ce que l’IPS apporte vraiment
Dans des configurations comparables (poids, carène, puissance), Volvo Penta communique des réductions de consommation pouvant atteindre ~30 % par rapport à des lignes d’arbres traditionnelles.
Dans la réalité terrain, l’ingénieur retiendra surtout ceci :
👍 Les gains existent,
👍 Ils sont variables,
👍 Et ils dépendent autant du bateau que de la propulsion.
Un IPS surchargé, mal calé ou sous-dimensionné perd très vite son avantage. La physique reste la physique.
4. Manœuvrabilité : l’avantage incontestable
C’est ici que l’IPS fait l’unanimité, même chez les sceptiques.
Grâce à l’intégration Joystick + EVC, le système coordonne automatiquement :
✔️ L’orientation des pods
✔️ Le régime moteur
✔️ L’inverseur
Résultat :
👍 Translations latérales
👍 Pivot sur place
👍 Accostages précis même par vent fort
👍 Réduction massive du stress en équipage réduit
À ce niveau, une propulsion traditionnelle ne peut pas rivaliser sans systèmes additionnels lourds et coûteux.
5. Confort : bruit, vibrations, perception à bord
Les hélices Duoprop avant, combinées à l’orientation du flux, permettent :
✅ Une réduction des pulsations de pression sur la coque,
✅ Moins de vibrations structurelles,
✅ Un niveau sonore souvent inférieur à vitesse équivalente.
Attention toutefois :
un IPS mal entretenu (hélices marquées, anodes usées, jeux mécaniques) peut perdre rapidement cet avantage. Le confort est un résultat d’entretien, pas un acquis définitif.
6. Maturité du système : plus de 20 ans de retours terrain

L’IPS est lancé commercialement en 2005. Ce n’est plus une technologie expérimentale. Les générations actuelles bénéficient :
👍 D’améliorations mécaniques
👍 De retours d’exploitation professionnels,
👍 D’un réseau de techniciens formés.
Cela n’en fait pas un système “simple”, mais un système abouti.
7. Programme d’entretien IPS : heures moteurs et calendrier réels
C’est ici que l’IPS se distingue clairement… et que les confusions sont fréquentes.
🔧 Entretien moteur (classique Volvo Penta)
🛠 Tous les 200 h ou 1 fois par an (le premier des deux atteint.)
✔️ Vidange huile moteur
✔️ Filtres (huile, carburant)
✔️ Contrôles généraux..
Rien d’exotique ici.
⚙️ Entretien spécifique des pods IPS (drive-units)
🛠 Tous les 400 h ou 12 mois (le premier des deux atteint.)
Programme officiel Bloc B :
👉 Vidange huile de drive-unit
👉 Remplacement filtre d’huile
👉 Nettoyage/remplacement crépine
👉 Inspection générale du pod (jeux, étanchéité, direction)
🛠 Tous les 1200 h ou 5 ans (le premier des deux atteint.)
Programme Bloc E (maintenance lourde) :
👉 Remplacement préventif des joints d’arbre d’hélice
👉 Contrôles approfondis d’étanchéité
👉 Inspection complète du système de direction intégré
Cette étape est fondamental pour la fiabilité long terme.
🧲 Anodes et corrosion
- Contrôle très régulier
- Remplacement dès usure significative
Les pods IPS vivent sous la coque. La corrosion ne pardonne pas l’approximation.
8. Coûts d’entretien : IPS vs embase Duoprop
Soyons clairs.
IPS
👉 Plus de volumes d’huile,
👉 Plus de composants intégrés,
👉 Plus de main-d’œuvre,
👉 Coûts multipliés en bi- ou tri-motorisation.
Aquamatic Duoprop
👉 Entretien plus simple à l’année,
👉 Mais postes lourds périodiques (soufflets, cardans, corrosion)
👉 Coûts parfois “groupés” avec l’âge.
👉 Budget annuel souvent inférieur, mais avec des pics.
L’IPS coûte plus cher à entretenir, mais peut rendre une partie de ce surcoût sur des bateaux qui naviguent beaucoup, via :
👍 Consommation réduite,
👍 Confort,
👍 Valeur de revente,
👍 Usage facilité.
9. Conclusion
La propulsion Volvo Penta IPS est :
👉 Une excellente solution technique,
👉 Un vrai progrès en manœuvrabilité et en rendement,
👉 Mais un système exigeant.
Ce n’est pas une propulsion “tolérante”.
Elle fonctionne très bien quand :
👍 Le bateau est conçu pour,
👍 L’installation est respectée,
👍 L’entretien est rigoureux.
En résumé :
✅ IPS récompense la méthode.
❗️ Il sanctionne l’approximation.
Et non, ce n’est pas contradictoire. C’est simplement de l’ingénierie.






